Léon Bellefleur

Stanley Cosgrove
4 avril 2017
Marc-Aurèle Fortin
4 avril 2017

Léon Bellefleur est né à Montréal le 8 février 1910. Il a toujours fait preuve d'un grand intérêt pour l'art. Par contre, son père lui refuse le droit d'étudier aux Beaux-Arts et l'incite plutôt à prendre une autre voie. Il finit par faire des études à l'École normale Jacques-Cartier, puis amorce une carrière d'instituteur qui dure près de vingt-cinq ans.

C'est en 1946 qu'a lieu sa première exposition, ses œuvres ayant été présentées avec les dessins des enfants auxquels il enseigne. Un an plus tard, il publie "Plaidoyer pour l'Enfant". En 1951, il obtient le premier prix de peinture moderne au Salon du Printemps du Musée des Beaux-Arts de Montréal. En 1948, en réaction aux automatistes, dont il jugeait parfois les principes trop radicaux, il devient l'un des signataires du manifeste « Prisme d’Yeux », rédigé par le peintre Jacques DeTonnancour, qui réclame une liberté d'expression totale en art. Pour Bellefleur, le surréalisme est d’abord une porte qui donne accès à un univers où les réalités se fondent dans une nouvelle vision du monde. Bellefleur s’intéresse au surréalisme dès le début des années 1940. La peinture est alors une véritable passion, mais ses obligations familiales l’empêchent de s’y consacrer entièrement, ce qu’il se hâtera de faire en 1955.

Bellefleur puise son inspiration à plusieurs sources. Outre le surréalisme et les enfants, la littérature et la poésie ont profondément marqué sa peinture. Pour l’artiste, c’est le sous-entendu qui importe. Sa méthode de travail en constitue le meilleur exemple. Il commence toujours un tableau sans idée préconçue, à la manière automatiste. Puis il observe, se laisse imprégner par les premières formes et intervient à nouveau, guidé par ce qu’elles lui suggèrent. Sa démarche donne lieu à une révélation, celle du subconscient pour entrevoir un univers transitoire entre la réalité physique et psychique.

Après avoir tenté diverses expériences entre des espaces construits avec rigueur et d’autres fluides, l’artiste atteint un équilibre : les couleurs et les textures s’étalent avec justesse dans une plénitude plastique saisissante.

Au cours des années ’80, Bellefleur mène son expression vers une dimension plus aérienne où le motif s’impose. Léon Bellefleur décède le 22 février 2007.