Sylvie Cloutier

Suzanne Jean
25 juillet 2017

Après des études en peinture aux Beaux-Arts, Sylvie Cloutier explore différents thèmes artistiques et comprend que c'est dans l'abstraction qu'elle se réalisera.
L'abstraction lyrique privilégie la spiritualité de la couleur et de la forme, la gestuelle libre et spontanée, la volonté d'abandonner toute référence à la réalité, en transposant sur la toile ses émotions intérieures, c'est ce qui caractérise la peinture de Cloutier.
Depuis plus de 30 ans, la forme dans l’espace nourrit son image picturale. Cette forme géométrique simple, (le cercle, le carré et le rectangle), ralliée au collage de papier, donne le coup d'envoi au tableau. Au fil des années, la forme organique s'installe afin de faire cohabiter les deux volets; la rigidité de la géométrie et la fluidité d'une coulisse de peinture, projetée quelque part sur la surface. La recherche continuelle de l’équilibre entre tous ces éléments dans un monde coloré alimente l'imaginaire de l'artiste.
L'oeuvre de Cloutier est imprégnée du génie de Kandinski, des couleurs de Klee, des collages de Braque ou de la répétition des petites formes extraordinaires qui se retrouvent dans le travail de Pellan. Les pochoirs de Riopelle ont aussi émerveillé la jeune étudiante aux Beaux-Arts.
Les subtiles couleurs en opacité ou en transparence invitent le spectateur à entrer dans l'image, découvrant certains plans, paliers ou autres dimensions. Et un mouvement qui de temps en temps, en arrive à le déstabiliser, ce spectateur presque voyeur cherchant consciemment ou inconsciemment ses propres références, ses repères sécurisants ou déroutants selon ses expériences de vie, selon l’état du moment. La gestuelle de l'artiste est instinctive, spontanée, guidée par le geste précédent. Tout est là. On pourrait se mettre à chanter ou à danser, certes remarquant cette cadence, ce rythme presque musical, nous entraîne dans un flamenco lascif, une salsa endiablée ou une bossa nova brésilienne. La musicalité de la couleur est perceptible.